Histoire, origines et légendes

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Histoire, origines et légendes du chat sibérien

Le sibérien n’est pas une race « fabriquée » en salon. C’est un chat de ferme et de forêt, modelé par l’hiver russe, puis reconnu par les fédérations seulement à la fin du XXe siècle.

Des forêts de Russie à l’Europe

On le rattache aux chats indigènes du nord de la Russie — le sibirskaya kochka, chat de Sibérie. Son poil à triple couche, ses pieds touffus et son corps en tonneau sont des réponses au froid, à la neige et à une vie de chasseur autour des isbas.

Des mentions apparaissent dès le XIXe siècle dans la littérature naturaliste. Des chats à poil long russes sont présentés à la première grande exposition féline du Crystal Palace de Londres, en 1871. Puis la race retombe dans l’ombre : l’élevage félin moderne se structure ailleurs, et l’histoire soviétique n’encourage pas le chat de race.

Le renouveau des années 1980

L’élevage organisé reprend dans les années 1980, en Russie et en Allemagne de l’Est. Les « chats des forêts sibériennes » sont présentés en expo, un standard se précise, et le nom est simplifié en sibérien pour ne pas les confondre avec le norvégien. La FIFé le reconnaît dans les années 1990 (souvent citée : 1992 ou 1997 selon les sources fédérales). En France, le LOOF l’inscrit comme race à part entière.

On le classe parmi les grands chats naturels, aux côtés du Maine Coon, du norvégien et du Turc de Van : pas un museau écrasé de persan, mais une tête en trapèze adouci, un corps massif, une queue en panache.

Et le Neva Masquerade ?

La variété colorpoint — masque, oreilles, pattes et queue plus foncés, yeux toujours bleus — est liée à Saint-Pétersbourg et au fleuve Neva. Le « masque de bal » a donné Masquerade.

Point important : le LOOF juge le Neva selon le même standard que le sibérien traditionnel. Certaines fédérations (FIFé, WCF) en font une race séparée. D’où les débats entre éleveurs : même chat pour le LOOF, deux races pour d’autres. Détail des looks : Types & robes.

Légendes et folklore

Le sibérien peuple les contes russes plus que les registres d’élevage. On raconte des chats gardiens d’isba, capables de chasser loin dans la taïga, parfois associés à la chance du foyer. Une légende persiste : celle d’un félin « des neiges » qui n’aurait jamais été vraiment domestiqué — d’où son air de petit lynx, plumets aux oreilles et regard franc.

La science est plus prosaïque : comme la plupart des chats domestiques, ses lointains ancêtres descendent du chat sauvage africain, avec sans doute des apports de poil long venus d’Orient via les routes commerciales. Le mythe reste utile : il dit l’attachement des Russes à un chat de travail, pas de salon.

Le sibérien met du temps à grandir : la maturité physique se situe souvent vers 3 à 5 ans. Un chaton « trop musclé trop tôt » n’est pas forcément plus beau — il est surtout trop jeune pour juger du standard.

Caractère & éducation Traditionnel ou Neva ?